Collages de Santa, écritures de Michel Lequenne.
Les reproductions de ce site sont des collages
authentiques sur papier de taille plus grande.


Galerie des ancêtres


Adam

Adam

A d’Han (De Crault-Magnon)
né le septième jour de la Création
des Doigts de Dieu le Père
et de mère inconnue

Plus connu sous le nom condensé d’Adam, il est le premier de la lignée des Magnon du Crault-Han (ainsi, semble-t-il que d’un certain nombre d’autres). Son activité est connue par la biographie succincte, mais unique, qu’en donne le premier chapitre (dit Genèse) du Livre (Bible, en grec). Il vécut d’abord dans un club Méditerranée, appelé Paradis terrestre. Mais il en fut chassé, assez odieusement, par le propriétaire, en même temps que sa charmante compagne, du nom d’Eve, qu’il avait trouvée là et avec laquelle il passait son temps en siestes améliorées, et dont il disait qu’elle avait vraiment été faite pour lui. L’outrage eut lieu sous le prétexte fallacieux que le couple avait piqué audit propriétaire, à l’incitation d’un de ses concurrents, tous ses logiciels programmés dans du jus de pomme. En fait, il s’agissait plus probablement d’une rivalité érotique. C’est à cet épisode qu’on doit la manière dont le représente ici une gravure d’époque. Plus tard, il travailla dur à la sueur de son front, et son épouse enfanta dans la douleur plusieurs enfants, dont l’un, du nom de Caïn, fut à l’origine de la famille des Magnon du Crault-Han.

Alicha de Sésotris

Alicha de Sésotris

Princesse de Magnon du Crault-Han,
née le 1er avril 1870,
décédée le 2 août 1914

Née Léocadie Machin, à Vasistas-les-flots, d’un père cantonnier municipal et d’une mère gardeuse d’oies, elle sut s’élever jusqu’aux plus hautes sphères de la vie parisienne par la puissance de ses charmes et sa ruse féminine. Successivement modèle des plus grands peintres, puis figurante de l’Opéra sous le nom de Léa Mar, enfin briseuse de coeur et des bourses sous le nom d’Alicha de Sésotris, elle sut séduire le noble Enguerrand XXV de Magnon de Crault-Han auquel , par exception, elle ne céda que la bague au doigt. Les mauvaises langues l’accablaient d’un tas de noms de volailles. Mais n’est-ce pas là la rançon de toutes les supériorités ? C’est à un élève d’Ingres que l’on doit son portrait réalisto-symbolique.

Antipape 1 pie

Cardinal Hippolyte du Crau-Han

Cardinal Hippolyte du Crau-Han

frère cadet d’Enguerrand XVI
(1472- 1562)

Né en 1472, il entra en religion à seize ans dans l’ordre de saint Dominique, comme il convenait à un cadet. Il se passionna presque aussitôt pour la chasse aux sorcières, et devint inquisiteur à vingt ans. Recommandé à ce titre au cardinal Borgia, il suivit celui-ci à Rome quand il fut élu pape en 1492, sous le nom d’Alexandre VI. Comme celui-ci, il sut se montrer dépourvu de toute triste austérité et de tout dogmatisme théologique. Le Saint Père, avec sa bonhomie bien connue, l’appelait « mon vieux singe expert en grimaces ».Dans l’exercice de sa fonction de Grand Inquisiteur, il fut toutefois impitoyable avec les rétives vieilles sorcières relaps, dont il ne fit pourtant brûler que quelques douzaines. En revanche, il sut sortir de la voie diabolique une quantité innombrables de jeunes et jolies démones, qu’on rabattait vers lui par prédilection, et que par douce compassion il savait convaincre de se faire religieuses dans l’ordre créé par lui, sous l’invocation de sainte Marie-Madeleine, et de prendre le voile dans le couvent qu’il fit installer dans une aile de son palais romain. On le voit ici, dans l’exercice préféré de son pieux ministère, à savoir confessant une de ces belles repenties. On dit qu’il rendit son dernier souffle à quatre-vingt-dix ans dans les bras de l’une d’elles, et que toutes pleurèrent plusieurs jours sa mort.

Cunégonde Magnon du Crau-Han

Dame Frédégonde de Bidassoa

Dame Frédégonde de Bidassoa

Treizième et dernière fille de Don Fernando de Bidassoa, elle fut mariée à treize ans à Enguerrand XII Magnon du Grault-Han, n’ayant pour dot qu’une mule et six chèvres. Elle n’avait vécu jusqu’alors que de pois chiches et de lait caillé, ce qui fut peut-être la cause que, devenue épouse, elle ne se nourrit plus que de la viande saignante des animaux qu’elle tuait elle-même à la chasse où elle suivait son époux. Elle mourut en donnant naissance à son premier enfant, futur Enguerrand XIII, qui était si gros qu’elle en éclata.

Enguerrand IX

Enguerrand X

Enguerrand X

Baron du Crau-Han, dit Bec de Corbin
fils d’Enguerrand IX et de Bathilde de Kremlin-Bicêtre
né en 1074 – mort en 1187

Son ardente foi chrétienne le conduisit à se croiser pour la délivrance du tombeau du Christ, sous le noble Baudouin. Son premier exploit notable fut, en 1098, à Maara, de passer au fil de l’épée, pour la gloire de Jésus, bon nombre des cent mille habitants qui y furent massacrés, et de s’y régaler d’enfants d’Infidèles rôtis à la broche. Lors d’une bataille imprécise, il eut le nez coupé d’un coup de cimeterre, et porta à partir de là un nasal de fer pointu qui lui donna son surnom. Malgré ses beaux exploits pour la plus pure foi, il dut cependant, dix ans plus tard, contribuer à l’alliance de Baudouin avec l’Infidèle Jalawa pour combattre le mauvais chrétien Tancrède qui avait osé s’allier aux infidèles turcs d’Alep, Et en cette noble cause, il lui fallut se résoudre à libérer ses prisonniers chiens de Mahom, et même faire exécuter un chrétien qui avait insulté l’Islam. C’est lui également qui eut la tâche cruelle de traiter avec les Hassashins – mais que ne doit-on pas pour la gloire du Christ - pour combattre les dangereux Seldjoukides. Il y gagna la grâce de pouvoir épouser, en 1138, une princesse, fille de Nizar, calife des Hassashins, qui lui donna en 1145, son fils unique, futur Enguerrand XI. C’est alors qu’il succéda à Baudouin, devint roi de Jérusalem, protecteur du tombeau du Christ, et le resta jusqu’à l’âge de 113 ans, où sa mort coïncida avec la prise de la Ville Sainte par Saladin.

Enguerrand XI

Enguerrand XI

Bien que fils de mahométane, mais né en Terre sainte, il fut aussi pur chrétien que son père. Dès sa majorité, il fit un petit tour en pays franc pour aller reconnaître ses possessions ancestrales, puis alla baiser la mule du pape à Rome, et illico s’engagea pour une nouvelle croisade qui se préparait à propos. Malheureusement, celle-ci ne put aller plus loin que Constantinople, qu’il fallut brûler, et dont on fut dans l’obligation de massacrer toute la population (mais il ne s’agissait que de mauvais chrétiens orthodoxes). Il n’alla pas plus loin, et s’en revint glorieux sous le ciel de ses pères, chargé d’or et de 388 reliques, dont 200 morceaux de la Vraie Croix, trois têtes de saint Jean-Baptiste, six seins de sainte Marie-Madeleine, un litre de sang du Christ et divers autres pieux objets qu’il vendit bon prix à nombre de saints monastères et églises, dont celle de Saint-Ornufle, où l’on peut encore voir son gisant. Il épousa dame Héloïse de Mirliflore, dont il eut de nombreux enfants, dont l’aîné fut, naturellement, Enguerrand XII.

Enguerrand XII

Enguerrand XII

dit « l’Homme aux Loups »
fils d’Enguerrand XI et d’Héloïse de Mirmiflore
né vers 1231 – mort vers 1331

Son complexe d’agoraphobie, dû probablement à sa peu avenante physionomie, explique qu’il ne quitta guère son château des Pyrénées que pour un peu guerroyer contre ses voisins. Son surnom lui vient de ce qu’il pratiquait la chasse à l’ours avec des loups en guise de chiens, lesquels il nourrissait, dit-on, avec de la chair humaine d’ennemis passant à sa portée, voire de ceux de ses serfs qui lui manquaient de respect ou lui contestaient son droit de cuissage. On lui attribue d’avoir poussé son amour des loups jusqu’à s’unir à une louve. Ce n’est évidemment qu’un mythe dont l’origine se trouve en ce que son épouse, Frédégonde de Bidassoa, fut surnommée La Louve, pour une férocité qui n’avait d’égale que celle de son époux.

Enguerrand XIII

Enguerrand XIII

baron Magnon du Crau-Han
dit le Chevalier des Cent Ans
né le Ier janvier 1331 – mort le Ier avril 1431

Il avait quinze ans quand il brisa sa première lance à la bataille de Crécy. Mais il s’y brisa aussi la jambe gauche et devint ainsi boiteux pour la vie. En 1356, il était à la bataille de Poitiers, où il fut laissé pour mort, et le nez coupé pour la vie, en défendant le roi Jean le Bon. Il accompagna Du Guesclin en Espagne, en 1369, pour l’aider à débarrasser la France des Grandes Compagnies, mais en revint scalpé et jaune comme un citron pour la vie. A 84 ans, il combattit à la piteuse défaite d’Azincourt, où un vilain anglais lui coupa le nez et les oreilles, ce qui le défigura pour la vie. Il prit pourtant sa revanche à quatre-vingt-huit ans, en délivrant Orléans avec la Pucelle, mais eu la malchance d’y être escargassé, le privant ainsi de participer à la suite de ses victoires. Il s’en releva pourtant, en l’année de ses cent ans accomplis, pour tenter, en compagnie de Xaintrailles, de délivrer la sainte fille des mains de ses vilains tourmenteurs. Il eut la dernière malchance de n’y pas réussir, mourant de vieillesse, mais à cheval. On ne connaît pas le nom de la mère du fils qui lui succéda, favori entre les innombrables bâtards qu’il eut de maintes dames, damoiselles et bergères, forcées au long de ses campagnes. Une rumeur, non confirmée, prétend que ce fils serait l’enfant adultérin de la reine Isabeau.

Enguerrand XV

Enguerrand XV

comte Magnon du Crault-Han
Né en 1400 – mort en 1440

De sa tendre enfance à sa mort, il fut lié par une amitié virile avec le grand Gilles de Rais. Avec lui, il fut compagnon des combats de la sainte fille Jeanne la Pucelle. Mais il ne put la secourir lors de son arrestation, étant alors fort occupé à brûler les pieds de trop gros bourgeois, afin d’en tirer des fonds pour la noble cause, à massacrer des manants pillards et à violer des ribaudes. Retiré à Tiffauges, il s’y livra avec son ami à maintes savantes recherches de magie satanique et à des expériences sexuelles avec des marmousets, qui furent prises à mal par les langues fourchues, ce qui entraîna sa mort prématurée par la hache du bourreau. L’une des pucelles qui avait partagé leurs jeux, Margot la Tétonneuse, se trouva enceinte et fut ainsi la mère de son fils posthume, Enguerrand XVI.

Enguerrand XVI

Enguerrand XVI

comte Magnon du Crault-Han
1440 – 1500
fils posthume d’Enguerrand XV et de Margot la Tétonneuse

Il n’eut avec son père qu’une ressemblance physique, se montrant aussi sage que l’autre avait été violent. Conseiller intime de Charles le Téméraire, il le guida dans ses ruses, et c’est à lui que le Bourguignon dû de faire prisonnier Louis XI. Mais quand il sentit le vent de la fortune changer de camp, une trahison habile lui valut l’amitié du roi dont il devint le conseiller rusé. Il y gagna de conserver un fief juteux, et d’obtenir le poste de confiance de Garde des cages, où les captifs royaux méditaient sur leur mauvais sort. On lui attribue la grâce d’un petit poète ribaud du nom du François Villon, qui allait être pendu pour ses truanderies, mais écrivaient maintes gentillesses. Il épousa sur le tard une fort riche fille d’un marchand de Venise du nom d’Antonia Vivaldi, bientôt mère de celui qui fut Enguerrand XVII.

Enguerrand XVII

Enguerrand XVII

comte de Magnon du Crau-Han

(dit Barbe rose)

dates de naissance et de mort inconnue

On ne connaît guère de lui que la longue amitié - célébrée par les chroniques - qui le lia au roi François premier (et d’ailleurs seul du nom). Il était à ses côtés à Marignan (en 1515, d’après les écoliers), et partagea sa captivité en Espagne. Mais ses partages principaux avec le roi François fut celui de ses sept femmes (d’où son surnom), toutes plus mignonnes que la rose et les unes que les autres, et aux charmes desquelles le galant souverain ne put jamais résister. Enguerrand, pour satisfaire son prince, dut faire dissoudre par le pape ses six premiers mariages, pour non-consommation. Il ne le put cependant pour la septième, Louise de Folleville, dite « la Follette qui s’y fie ? », vu que celle-ci tomba enceinte avant (du futur Enguerrand XVIII), ce qui obligea son époux à la céder au monarque de la plus adultérine façon. Il s’en alla mourir sur les côtes du Nouveau Monde, qu’il voulait voler aux Espagnols par vengeance, mais où il fut malencontreusement dévoré par les cannibales.

Enguerrand XVIII, dit l'alchimiste

Enguerrand XVIII Magnon du Crau-Han

dit l’Alchimiste
fils d’Enguerrand XVII et de Louise de Folleville

Il naquit le Ier janvier 1519, soit la même année que le futur roi de France Henri le Deuxième. Peu soucieux de gloire militaire ni des plaisirs de cour, il ne cessa, dès le plus jeune âge, de vivre plongé dans les grimoires. De 1534 à 1572, il écrivit 32 in folios traitant des secrets de l’alchimie (malheureusement devenus illisibles), mais qui lui permirent de changer le plomb en or, ce qui assura sa fortune. Il fit venir d’Egypte des pierres mystérieuses et une Africaine de teint fort sombre qu’il prétendait fille de roi, et qu’il épousa sous le nom de Diane de Brazzaville - cité dont on ne trouve pas trace sur les portulans. Elle lui donna deux jumeaux, ce qui compliqua la passation du droit d’aînesse, et fit s’élever des doutes sur la légitimité d’une telle union. Certains prétendirent que ce n’était qu’une sorcière, voire une créature démoniaque issue des cornues de l’Alchimiste. Des protestants ayant prétendu que c’était elle qui avait suggéré le massacre de la Saint-Barthélemy au roi Charles IX, l’Inquisition décida de l’examiner. Son procès et celui de son amri dura dix-sept ans, au terme des quels ils furent tous deux brûlés, l’année même de la mort du roi Henri le Troisième.

Enguerrand XIX

Enguerrand XIX

Comte de Magnon du Crault-Han
né la nuit du 23 au 24 août 1572,
jour de la Saint-Barthélemy,
mort le 29 février 1642,
fils d’Enguerrand XVIII
et de Haute Dame Diane de Brazzaville.

Peu désireux de connaître le malheureux destin de son père, il sut se retirer, tel Montaigne, en sa librairie, chaque fois que pleuvaient les coups durs de ces satanées guerres de religion. Cependant, mignon de Henri III, il vit avec plaisir l’assassinat du duc de Guise, puis se fit protestant pour partager les maîtresses de Henri le Béarnais, revint avec lui au catholicisme - les fesses valant bien des messes -, fut nommé par Richelieu Premier Caresseur des chats cardinalices et, à ce titre, auquel il faut joindre un ou deux discours en alexandrins, fut nommé membre d’honneur de la première Académie française. Il poussa la reconnaissance envers son bienfaiteur jusqu’à mourir la même année que lui. Ce n’est que sur ses vieux jours qu’il épousa Héloïse de Vieillemare, pucelle de quatorze ans qui lui donna son fils unique. On le voit ici peint par Georges de Latour.

Enguerrand XIX bis

Enguerrand XIX bis

dit Double-de-comte
dit Magnus du Croc-en-jambe
dit Marche-ou-crève
1572-1610

Comme il fallait bien qu’il n’y eut pas deux aînés dans la lignée des Magnon du Crault-Han, un tirage au sort décida de l’effacement de ce jumeau en Magnus. Comme un bâtard, il se fit homme de guerre, choisit les partis opposés à ceux de son frère, fut donc de la Ligue avec les Guise quand l’autre servit Henri III, accumula les plaies et les bosses sous les coups victorieux du Béarnais, et jusque sous les murs de Paris. Quand ce roi huguenot lui joua le tour de se faire catholique, il se cacha dans un couvent et enseigna les arts martiaux à un nommé Ravaillac qui s’en servit pour tuer l’usurpateur. La malchance voulut que, le même jour, Magnus, qui surveillait l’exécution, en sautant de joie trébucha sur une marche, tomba sur la tête et en mourut immédiatement, heureusement sans postérité.

Enguerrand XXII

Enguerrand XXII

Comte de Magnon du Crau-Han
né le jour du mardi-gras de 1748,
mort le 8 Thermidor 1793,
fils d'Enguerrand XXI et d'Adélaïde de Mordmoil

Il illustra le nom de sa noble famille de toutes les façons. Fermier général dès ses dix-huit ans, son salon était, en hiver, le plus huppé sous Madame Du Barry, et en été son château offrait les fêtes les plus fastueuses du temps. Il écrivait des vers érotiques délicats et des mémoires scientifiques sur des sujets rares, ce qui lui valut d’être écouté de l’Académie française. Il épousa la chaste et charmante Rosalinde de Huppedouce, qui sortait du couvent et devint bientôt la femme d’esprit la plus courtisée du monde. Louis XVI, roi bigot, prêta l’oreille aux rumeurs qui lui attribuaient des orgies dépassant toutes les limites de la bienséance, voire donnant lieu à des horreurs, telles que celles des romans de son ami de Sade, aux dépens des bergères de ses domaines. La canaille accordant crédit à ces calomnies, brûla son château en 1789. Des sans-culottes le reconnurent alors que, bonnet rouge en tête, il tentait d’acheter des biens nationaux. Le grand historien Franc Furet a écrit l’apologie de ce martyr des buveurs de sang, et sa mort pieuse sous la guillotine.

Enguerrand XXIV

Enguerrand XXIV

(dit « l’Ecologiste)
né le 27/7/1794 (9 Thermidor)
mort le 2 décembre 1851

Fils d’Enguerrand XXIII, et né dans un temps très incertain, il eut le bon esprit de se tenir loin de la politique pour se consacrer à la science, toutefois sans négliger de consolider les bases de la fortune familiale. Elève à la fois du fixiste Cuvier et de l’évolutionniste Lamarck, il fut le premier à célébrer l’unité biologique de toute la création, et étendit la physiognomonie de Lavater à une végétiognomonie. Il prétendait que chaque individu ressemblait à un végétal : les femmes à des fleurs et les hommes à des arbres. Il s’enticha si fort de cette théorie qu’elle se manifesta effectivement dans son propre physique. Cela le conduisit à l’import-export d’espèces rares, et à leur extraction d’essences hallucinogènes, puis de là à une chimie industrielle qui l’enrichit. Cela lui permit d’épouser la richissime Rosa Larose, de la grande famille des Larose-Abonescient, dont il conçut son fils Enguerrand XXV.

Enguerrand XXV

Enguerrand XXV

Prince de Magnon du Crault-Han
né le 2 décembre 1851,
mort le 2 août 1914
fils d’Enguerrand XXIV
et de Léontine Chassepot

Il décupla la fortune accumulée par son père Enguerrand XXIV en devenant sous l’infâme IIIe République, un des rois de la mine et du rail (selon le mot de l’ignoble Internationale). Puis il doubla le tout en l’investissant dans l’industrie des pilules de fer, obtenues par la ponction du sang des pauvres (dix centimes le litre) selon la méthode exposée par le rapport Octave Mirbeau (p.c.c. Paul Reboux et Charles Muller, in A la manière de...), d’où le nom de Vampire que lui attribua la canaille, et qui semble avoir influencé la vision de son portraitiste, le grand Bonnat.
Son mariage avec Alicha de Sésotris (célèbre rivale de Cléo de Mérode) fut l’événement essentiel de l’année 1900. Mais celle-ci ayant fait paver de diamants son palais de cent vingt pièces (y compris les greniers), la fortune conjugale fut alors quelque peu écornée.

Enguerrand XXVI

Enguerrand XXVI

Prince de Magnon du Crault-Han
né le 29 février 1894,
mort le 29 février 1994,
fils d’Enguerrand XXV
et de dame Alicha de Sésotris

Héritant à sa majorité de rentes écornées et se situant noblement au dessus des conflits de classes modernes, il refit deux fois sa fortune dans les fournitures de guerre, de 1914 à 1918, au service des Alliés, de 1940 à 1945 dans la Kollaboration économique. Il a été peint ici par Dubuffet, au terme de sa vie, alors que, toujours alerte mais pour une fois malchanceux, il fournissait des armes aux génocideurs du Rwanda qui ne le payèrent pas, ce qui hâta sa fin, au jour de sa centième année.

Enguerrand XXVII

Enguerrand XXVII

Prince de Magnon du Crault-Han
né le 25 décembre 1940,
mort le 14 juillet 1981,
fils d’Enguerrand XXV
et de Mado Belfontaine (cantatrice et star)

Il a toujours vécu noblement, c’est-à-dire sans rien faire. Play-boy favori de Paris-Match, il s’est marié treize fois : cinq avec des princesses, six avec des filles de banquiers, et deux avec des top-modèles. Avec l’aide de fonds du Patrimoine, il restaura le château féodal de ses ancêtres dans les caves duquel il organisa de folles orgies avec des tas de jolies filles mineures, dont les mauvaises langues prétendent que beaucoup ne revinrent pas (mais la calomnie s’acharne fort de nos jours sur les gens fortunés). Tous ceux qui le connurent assurent que c’était un garçon charmant et un joyeux luron. Il eut son fils, Enguerrand XXVIII, le prince actuel, non pas de l’une de ses treize épouses, mais d’une brève rencontre, à la veille de sa mort, avec la fleuriste, Fanny Pompon, qui put faire reconnaître l’enfant par une analyse génétique, et ainsi lui assurer ce qui reste d’un encore confortable héritage.

Enguerrand XXVIII

Enguerrand XXVIII

Prince Magnon du Crault-Han
Né le 13 juillet 1981
Fils d’Enguerrand XXVII
Et de Fanny Pompon.

Son père étant mort avant son grand-père Enguerrand XXVI, Il ne fut intronisé prince que le 1er avril 1994 Lors de son treizième anniversaire On le voit ici lors de cette cérémonie. Sa portraitiste, une célèbre collagiste, entichée de chats et de romans japonais, qu’il a épousée depuis en se faisant passer pour plus vieux qu’il n’était, l’a orné d’excroissances cérébrales représentant la richesse et la bizarroïdie de son activité intellectuelle, et d’un œil frontal signifiant sa malice, égale à celle de son singe familier. Sa vie privée est cachée aux paparazzi. Son père l’ayant ruiné, en mettant toute sa fortune en actions d’Eurotunnel, on dit qu’il vit chichement en vendant des photos pornos à la sauvette, sous le pseudonyme plébéien de Michel L.

Fredegonde

Gaetan chevalier magnon du Crau Han

Timoléon Boismagnon

Timoléon Boismagnon
dit le Crabe

1803-1848

Fils naturel d’Enguerrand XXIII et de Valentine Verdurin, cantinière de la Grande Armée, il doit sa place ici au tendre amour que lui portait son père, comme il en va souvent pour les enfants de l’amour. Mais en ce temps où ce type de rejetons n’avaient pas droit à l’héritage, et son demi-frère Enguerrand XXIV veillant au grain des largesses paternelles, il dut se faire, par ses propres mérites, à la fois un nom et le titre de chevalier (d’industrie), et devenir escroc pour subvenir à ses besoins. Ses talents lui valurent de nombreux amis, dont le fameux Lacenaire. Ceux-ci l’appelaient familièrement « le Crabe » pour sa manière de ne pas aller droit en affaires. Sa plus belle réussite consista à la mise en actions des mines de jambon du Canada (idée que lui reprit plus tard le célèbre Captain’Cap, l’ami d’Alphonse Allais). Dandy, il séduisit beaucoup, quoique laid. Mais sa dernière conquête lui coûta la vie. En effet, ayant fait arrêter à sa place un de ses complices, puis ayant cocufié celui-ci, profitant qu’il était en prison, ce misérable n’hésita pas à le tuer à coups de couteau quand il en sortit, ce qui lui valut la juste peine d’être guillotiné.

Mère Rosa la rose

Le premier de notre race

Le premier de notre race

Crault-Han, agnathe, cyclostome

Certains visiteurs du château de Crault-Han se sont étonnés de trouver dans la galerie des ancêtres des comtes, ducs et princes de Magnon de Crault-Han, ce portrait d’un poisson, terrible prédateur des profondeurs abyssales de l’Océan, et plus encore qu’il y porte le nom de la noble dynastie. En fait, ce vertébré aquatique, récemment découvert, s’est avéré un des plus anciens fossiles vivants, dont l’origine remonte à cinq cents millions d’années, et un énorme étonnement attendait les biologistes qui décryptèrent son génome : il était identique, à 0,00001 près, à celui des membres de l’illustre famille des Magnon de Crault-Han, d’où, à la fois le nom qui lui fut donné et la place qui lui a été accordée dans la lignée familiale.

Rosa Larose

Valentine de Verdurin

Valentine de Verdurin

dates de naissance et de mort inconnues

Epouse morganatique d’Enguerrand XXIII, ils se connurent sous l’horrible Révolution, dite française, alors qu’ils étaient, lui, le citoyen-lieutenant Jean Guerrand-Magnon, et elle, la Valentine « Verte du rein », cantinière du 13e Voltigeurs. Pendant la campagne d’Egypte du citoyen-général Buonaparte, ils convolèrent en noces illégitimes, puisque bénis par un prêtre réfractaire. Dans son portrait, le douteux peintre David, l’a représentée absurdement en robe de cour et dans le désert, contemplée par quarante siècles de pyramides qu’on ne voit pas, puisqu’elles sont censées être devant elle. Quand, sous l’Empereur Napoléon, Enguerrand, devenu général, eut repris ses noms et titres, il refusa de reconnaître devant Dieu, et leur mariage et leur fruit, Timoléon Magnon, bien que Valentine ait joint, devant l’état-civil, une particule à son patronyme de Verdurin. La seconde duchesse de Guermantes refusa également de reconnaître Valentine comme ancêtre de sa famille, via un second enfant naturel, né de père inconnu (et, murmurait-on, de sa Majesté l’Empereur lui-même), alors que c’était ce que prétendait son chroniqueur attitré, M. Proust (Marcel).

Victorine de blanc péché

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