Originaire des Carpates, cette belle fleur violette a été malheureusement répandue sur toute la Terre par une secte cosmopolite d’occultistes qui l’utilisent dans leurs rites secrets pour séduire leurs malheureuses dupes. Celles-ci, attirées par sa beauté et son parfum, tombent fascinées par son regard qui ne cille jamais, perdent connaissance et subissent une morsure qui leur aspire un peu de sang. Trop peu, semble-t-il, pour qu’elles en meurent, mais assez pour leur inoculer le besoin irrésistible de revenir goûter ce baiser, ce qui les réduiraient à la fin à se soumettre à la secte. Certains prétendent que ce ne sont là que sornettes, que la fleur est innocente, et que seuls ses « horticulteurs » sont dangereux.
Cette fleur des clairières de nos forêts françaises ne s'ouvre que la nuit, à la lumière lunaire, et se nourrit de toutes animalcules nocturnes, ce qui nous la fait apparaître comme fort innocente. Pourtant, elle est si belle et si merveilleusement odorante qu'il est assuré que les humains amoureux de l'astre des nuits ne peuvent s'empêcher de la cueillir et de la respirer. Elle leur rend alors un baiser qui leur aspire si bien le sang, et sans qu'ils s'en aperçoivent, qu'ils en deviennent de la pâleur extrême bien connue des Pierrots lunaires, auxquels il arrive de devenir si légers qu'ils s'évanouissent à nos yeux. Mais c'est une légende qui prétend qu'on peut les apercevoir ensuite la respirant, assis sur le croissant de Lune.
Bien que peu connue, cette fleur est européenne. Son incognito tient à ce qu’on ne la trouve que dans les régions alpestres, à la limite des glaciers et dans les infractuosités à la fois ensoleillées et humides les plus inaccessibles. En général, ses yeux sont mi-clos et sa bouche fermée. A la différence des autres grandes fleurs carnivores, du type Heliothropa ferox et Chrisanthema leona felix, elle ne se nourrit que de proies légères, et de préférence de papillons qui semblent d’ailleurs sélectivement attirés par son parfum qui ne saurait être plus précisément caractérisé que comme «féminin ». Mais l’alpiniste heureux qui la rencontre serait prudent de prendre garde au regard curieux en même temps que langoureux qu’elle ne manquera de lui lancer en entrouvant ses lèvres d’une manière assez semblable à un sourire, car le doigt qu’il se sent alors invinciblement tenté d’approcher pour effleurer cette muqueuse pulpeuse risque fort de souffrir d’une cruelle morsure dont les suites sont aussi étonnantes qu’inguérissables. Il s ‘agit, pourrait-on dire, d’une sorte de délire passionnel qui ramène le malheureux mordu vers cette fleur, avec une telle impétuosité que dans son ascension de retour vers elle, il est quasi inévitable qu’il manque une prise et soit précipité sans espoir dans les abymes. Certains prétendent - mais nous n’avons pu en obtenir de témoignage assuré - qu’au lieu du doigt , des ascensionnistes lui ayant présenté, mus par on ne sait quelle tentation perverse, leur membre viril, celui-ci aurait été sectionné, provoquant une si forte hémorragie qu’elle entraîna leur mort.
Cette curieuse fleur blanche marie harmonieusement en son coeur le jaune de son organe pistilaire de respiration et le violet de ses paupières et moustaches, lesquelles, à toute approche de proie éventuelle, dissimulent ses yeux inquiétants et sa bouche sensuelle. Elle est, le croirait-on, originaire de notre Europe. Cependant, on ne la trouve plus guère aujourd’hui que dans les jardins des amateurs, car elle est en voie de disparition, ayant été sauvagement traquée par les autorités civiles et religieuses qui la réputent exagérément mangeuse des petits enfants sur la foi de vieux contes de grands-mères. La réalité scientifique n’en appelle qu’à un peu d’attention des parents de petites filles, car il est vrai que celles-ci semblent effectivement attirées par son parfum sucré-salé, puis que, dès qu’elles s’en approchent, les terribles yeux s’ouvrant, elles sont fascinées et attirées jusqu‘au baiser glouton qui, répété, à la longue est capable de leur communiquer une sorte de maladie de langueur.
Cette superbe fleur violette se cache dans la forêt vierge du Yucatan, où il semble qu’elle a pu survivre grâce au culte, qu’après qu’ils eurent défaits les Mayas, lui rendaient les Aztèques. Ceux-ci, comme énivrés de son puissant parfum, similaire à celui du guerrier en rut, lui offraient les morceaux les plus choisis des victimes de leurs sacrifices humains. On ne peut hélas douter qu’y succédèrent les expériences auxquelles les conquistadores se livrèrent aux dépens de leurs esclaves. Détestables comportements dont on dit que, malheureusement, ils se sont perpétués jusqu’à nos jours. Ainsi prétend-t-on que des milliardaires pédophiles sadiques vont jusqu’à lui livrer les reliquats de leurs orgies sanglantes. Au nom de la protection des espèces menacées, il semble que les naturalistes ferment les yeux sur ces pratiques. L’ONU s’est récemment penchée sur ce problème délicat et, dans un rapport, l’Eglise de scientologie a proposé qu’une solution humanitaire soit prise, consistant à remplacer les supplices de la chaise électrique ou de la piqure létale par la consommation des criminels par la Drosera huizilopotcha.
Cette belle fleur jaune au coeur rouge se rencontre dans les marais sud-asiatiques. Son doux et triste parfum n’est pas sans rappeler celui des chrysanthèmes et autres fleurs de cimetières. D’ordinaire, elle se nourrit innocemment de grenouilles qui passent à sa portée dans leurs sauts intempestifs, ou de lézards naïfs et curieux. Mais malheur aux cueilleurs de joncs qui ne prennent pas garde à sa corolle qui, comme modestement, se tient penchée avec ruse : d’une main elle ne fait qu’une bouchée, suivie d’un grondement sourd et d’une grimace horrible qui effraient le malheureux tenté de se venger d’un coup de coupe-coupe. Les comités centraux des PC chinois et vietnamien viennent de décider une campagne de destruction de cette plante aussi dangereuse que belle, mais les Khmers rouges l’avaient au contraire si massivement cultivée, afin par son moyen de faire disparaître les restes d’une grande partie des victimes de leur génocide, qu’elle s’est considérablement répandue à cette occasion. Et il paraît que les hommes des commandos envoyés pour la détruire, tandis qu’ils en coupent une, se voient dévorés par leurs voisines, au grand effroi de leurs compagnons, qui fuient alors sans autre forme de procès.
Cette variété, extrêmement rare, d’Heliamphora, découverte par Conan Doyle (v. Le Monde perdu) entre, du nord au sud, le Pico da Neblia (frontière du Brésil et du Venezuela) et le Cerro Guaiquinina (Etat de Bolivar), et de l’ouest à l’est, de Cerro Sipapo (frontière de la Colombie et du Venezuela) au mont Roraima (frontière du Venezuela et du Guayana), n’existe que dans quelques forêts tropicales épaisses, telles celles du plateau des Tepuys. elle n’ouvre les yeux que pour fasciner ses proies, attirées par les secrétions du nectar de son capuchon qui s’entrouvre alors pour les saisir. Sa variété la plus grande d’environ 1,50 m. de haut se nourrit par prédilection de petits singes et, s’il en a l’occasion de petits Indiens du lieu. Il est donc recommandé aux explorateurs de ne pas s’aventurer en ces forêts avec leurs petits enfants.
Cette plante carnivore maritime qui ne dévoile sa bouche fortement dentée, curieusement placée au-dessous de sa tête tigrée (d’où son nom) entre des pétales mobiles, que lorsque sa proie passe à sa portée, ne dédaigne pas de s ‘attaquer aux plus gros poissons, tels les requins. On prétend que c’est à elle qu’on doit la disparition des sirènes. La manière dont elle s’attaque aux plongeurs sous-marins indiscrets prête crédit à cette thèse des derniers auteurs de la période héllénistique.
C’est au professeur esquimau Gur Goulousok, de l’université de Revjavik que l’on doit la découverte, dans le désert glacé de l’est groenlandais, de cette étonnante fleur géante inodore. Quand il la découvrit, comme on peut s’en rendre compte sur le cliché qu’il en prit, elle était en train de digérer un foetus de provenance inconnue, mais qui était peut-être d’origine fort lointaine, vu que l’on aperçoit au second plan, jaillissant d’un mini cratère de volcan éteint, un petit homme vert, évidemment martien, qui l’avait peut-être apportée là dans sa soucoupe volante, comme en un lieu favorable à son développement. La fleur parut fort étonnée de la survenue du professeur. Sa découverte pose ainsi un problème du plus haut intérêt scientifique : les Martiens ont-ils vécu ?
Malgré l’air méchant qu’elle prend en entrouvrant ses yeux bridés, cette belle fleur est sans danger pour les humains. Elle ne se nourrit que de rongeurs : rats, souris, mulots et taupes qui passent à sa portée tandis qu’elle est à l’affût derrière ses pétales repliés. Les humains peuvent donc vivre avec elle en bonne intelligence. On dit même que quand son jardinier-dompteur la caresse de son souffle, elle émane le plus délicieux parfum. Mais peut-on aller jusqu'à croire ceux qui prétendent qu’elle est susceptible d’attachement amoureux, et capable de projeter sélectivement ledit parfum au passage de celui qu’elle aime.
Cette belle fleur rouge des déserts d’Amérique du Nord, qui cache au repos ses organes des sens sous ses épais pétales, vivait en parfaite harmonie avec les Indiens chasseurs de bisons qui lui faisaient offrande d’une part de leur gibier. Mais le génocide des ses alliés naturels en fit une féroce ennemie des envahisseurs qu’elle ne se gênait pas pour mordre férocement quand ils tombaient sous son calice parfumé. On prétend qu’elle contribua à la défaite honteuse de l’ affreux général Custer en mordant nombre de ses cavaliers, dont il est bien connu qu’on ne retrouva pas les parties les plus sensibles. Elle se raréfie aujourd’hui, les Indiens des réserves ne pouvant plus la nourrir que de sandwichs et de Mac-Do.