L’Emir du Katarrhe, qui, comme tous les Arabes, drague les filles en leur disant « Tu as des yeux de biches », défia le Dr Moreau de lui en obtenir la synthèse. Il suffit à l’illustre savant d’une greffe qu’il réussit sans peine, et qui est désormais le trésor du harem katarrheux.
Les mauvaises langues assurent que c’est sa propre tante Lucrèce - qu’il traitait assez ordinairement de « Vieille Chouette » bien qu’elle fut d’un âge peu avancé -, que le Dr Moreau a ainsi transformée, non par mutation, mais par greffe. Quoi qu’il en soit, la femme-oiselle, considérant cela comme un viol, s’est suicidée selon le mode que lui inspira sa célèbre homonyme.
La mutation du Flamant rosa amoroso n’est pas extérieurement visible étant donné qu’elle ne porte que sur ses pulsions sexuelles. Mais celles-ci étant obtenues d’hormones humaines, on se demande ce qui pourra bien sortir d’un croisement de l’oiseau avec l’objet de son désir.
La Panthéra félicia est une des plus réussies des réalisations du Dr Moreau. Partant de l’affinité élective bien connue entre les félins et les femmes, et du désir également bien connu des hommes de féminiser totalement leurs chattes chéries (voir la fable de La Fontaine), il lui a suffi d’une mutation d’un gène et demi pour obtenir cette chatte-panthère à la bouche et aux yeux améliorés. Mais il semble malheureusement que ce bel animal ait conservé ses instincts premiers et que, de ce fait, son baiser ait été mortel pour son adorateur.
Le Dr Moreau voulant commencer par le commencement, tenta de reconstituer le chaînon manquant entre entre anthropoïdes et hominiens. Certains doutent que le résultat, tel qu’on peut le juger ici, soit parfaitement convaincant.
Echec patent du Dr Moreau : sa tentative d’humaniser quelque peu les féroces varants a produit - erreur sur les gènes manipulés ? - l’être que l’on voit ici, et qui nous ressemble surtout par le défaut le plus caractéristique de notre espèce : « se manger entre nous ». Le seul bon côté - écologique - de la chose sera peut-être de limiter la multiplication des varans, la mutante - comme on peut le voir - n’a laissé que les os bien propres de sa dernière proie.